MONNAIES V
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LOUIS IX ou SAINT-LOUIS
Denier Tournois 801. Denier Tournois, (3/11/1226-25/08/1270), c. 1245-1270, (Bill, 18 mm., 12 h., 0,84 g.). (pd. th. 1,211 g.). 372°/°° 3 d. 10 gr. AR.,
A/ + LVDOVICVS° REX, le X accosté de quatre points. Croix.
R/ + TVRONVS CIVIS, T et N bouletée. Châtel tournois surmonté d'une croisette.
C. - L.201a - M.175 - Dy.193A. Bel exemplaire sur un flan complet pour cette variété rare.
R. TTB

350FF.

450FF.


Ce type de denier Tournois avec "Turonus Civis" fait, d'après les trésors, son apparition entre 1240 et 1250, et, comme le fait remarquer J. Duplessy, ce type a-t'il servi à financer une partie du coût de la septième croisade ? .

Louis IX (1214-1270) est le fils aîné survivant de Louis VIII et de Blanche de Castille. Roi à 14 ans sous la régence de sa mère, il doit faire face à la révolte de ses vassaux, menée par Pierre Mauclerc, duc de Bretagne (1213-1237). En 1229, il met fin à la guerre contre les Cathares et signe le traité de Paris avec Raymond VII, comte de Toulouse. Il doit lutter contre Henri III Plantagenêt (1216-1272) pour l'hommage pour la Guyenne. Majeur en 1234, il épouse Marguerite de Provence (+1295), Une nouvelle guerre éclate en 1242 contre Henri III qui est battu à Taillebourg et Saintes. De 1248 à 1254, il est en Terre Sainte, laissant la régence à Blanche de Castille. Il est battu et fait prisonnier à Mansourah en 1250. En 1259, il signe avec Henri III, le traité de Paris, qui consacre la Paix et la restitution de la Guyenne contre l'hommage. Son règne est marqué par un grand rayonnement économique, politique et artistique. Il repart en croisade en 1270 et meurt de la peste devant Tunis le 25 août (Saint-Louis). Il est canonisé en 1297 .

LORRAINE - ÉVÊCHÉ DE METZ - JEAN Ier D'APREMONT (61ème évêque)
Denier ou Pfennig 802. Denier ou Pfennig, (1224-6/12/1238), c.1224, Metz, (Ar, 14 mm., 3 h., 0,67 g.). ().
A/ IhO...ES. Buste de l'évêque à gauche, tenant la crosse des deux mains.
R/ METENSIS. Croix cantonnée de quatre besants.
W.II/Em8. Bel exemplaire sur un flan légèrement voilé.
TTB

350FF.

450FF.


Saint-Étienne était le patron de l'évêché de Metz. La monnaie messine était constituée de petits deniers de bon argent pesant de 0,60g. à 0,80g. Les monnaies épigraphes à portraits commencent avec Thierry III (1163-1171). Pour Jean d'Apremont, nous avons des deniers anonymes et des deniers à son nom. Jean Ier d'Apremont introduisit sur son monnayage le buste mitré à la place du bonnet ou de la tête nue .

L'épiscopat de Jean Ier d'Apremont s'intercale entre celui de Conrad de Scharfeneck (1212-1239) et celui de Jacques de Lorraine (1239-1260). A cette époque, les évêques de Metz doivent lutter contre le pouvoir temporel du comte de Bar et du duc de Lorraine. La guerre coûte cher tandis que les bourgeois de Metz s'enrichissent. Jean d'Apremont fut chassé par les Messins en 1232. Mathieu II de Lorraine (1220-1251) et Henri II comte de Bar (1214-1239) vinrent assiéger Metz tandis que l'évêque se retirait au château Saint-Germain .

LORRAINE - ÉVÊCHÉ DE METZ - JACQUES DE LORRAINE (62ème évêque) - (1239-1260)
Denier 803. Denier, (1239-24/10/1260), c. 1240-1260, Metz, (Billon, 14,5 mm., 11 h., 0,74 g.). ().
A/ IACO-BI. Buste de l'évêque, tenant une crosse, à gauche.
R/ METENSIS. Croix cantonnée de deux croissants en 1 et 4 et deux soleils en 2 et 3.
Bd.1629 (3f.) - W.II/E/n/11. Bel exemplaire sur un flan complet. Jolie patine.
TTB

350FF.

450FF.


Comme son prédécesseur, Jean Ier d'Apremont frappa des deniers avec des croissants et de petits astres dans le cantonnement du revers. Le poids et le titre de ces deniers restent élevés .

Jacques de Lorraine dut souvent s'opposer à Mathieu II duc de Lorraine (1220-1251). Henri II, comte de Bar et allié de l'évêque, trouva la mort en terre sainte en 1239, l'année de l'élection de Jacques. La fin de son épiscopat fut plus tranquille. A Mathieu II, succéda un enfant de douze sur le trône ducal de Lorraine, Ferri III (1251-1303). Mais dès 1258, la guerre grondait déjà entre l'évêque de Metz, le comte de Bar et le duc de Lorraine. Les vingt années suivantes allaient se dérouler dans des querelles intestines continuelles dont Philippe de Florange (1260-1263), successeur de Jacques, sera la victime .

ÉTATS LATINS D'ORIENT - COMTÉ DE TRIPOLI - BOHÉMOND V
Denier à l'étoile 804. Denier à l'étoile, (1231-1251), c. 1230-1235, Tripoli, (Bill, 16,5 mm., 9 h., 0,69 g.). ().
A/ + BOAMVND COMS. Croix cantonnée de trois besants posés en triangle au 2ème canton.
R/ [+ CIVIT]AS TRIP[OL]. Grande étoile à huit branches accostée de sept annelets.
Sch.4/17 - CCS.19 - Metcalf 549. Bel exemplaire surtout au revers.
TB+/TTB

250FF.

350FF.


Ce type rappelle les monnaies du sud de la France, en particulier celui de Raymond VI (1194-1122) ou Raymond VII de Toulouse (1122-1249). Le type de l'étoile a été utilisé dans le marquisat de Provence. Ces deniers à l'étoile de Tripoli étaient précédemment attribués à Bohémond III. Depuis la découverte d'un trésor, dont l'enfouissement est daté de 1230/5, il faut restituer ces pièces à Bohémond V .

Après la mort en 1187 de Raymond III qui n'avait pas d'enfants, Bohémond IV (1187-1133) devint comte de Tripoli. Il était le fils cadet de Bohémond III d'Antioche (1143-1201) qui réunit les deux principautés à la mort de son père en 1201. Bohémond V lui succéda en 1233 et vécut surtout à Tripoli, délaissant Antioche. Son fils, Bohémond VI (1252-1275) fut l'avant dernier comte de Tripoli (1252-1275) et le dernier prince d'Antioche qui fut prise par les mamelouks en 1268 .

ÉTATS LATINS D'ORIENT - COMTÉ DE TRIPOLI - BOHÉMOND V
Pougeoise au castel 805. Pougeoise au castel, (1231-1251), c. 1235-1250, Tripoli, type 6c, (Bill, 16 mm., 6 h., 0,72 g.). ().
A/ + CIVITAS. Croix pommetée, annelée au centre, cantonnée de quatre besants.
R/ + TRIPOLIS. Portail génois ou tour avec trois créneaux.
Sch.4/12CCS.21 - Metcalf 557. Jolie représentation du revers.
TTB

250FF.

350FF.


Le type au château a été réparti en six classes de monnayage. Il apparaît entre 1235 et 1240. La pougeoise ou maille vaut la moitié d'un denier. Son nom venait de la ville du Puy. En titre, la poge vaut le 1/4 du denier ou 6 grains .

Après la mort en 1187 de Raymond III qui n'avait pas d'enfants, Bohémond IV (1187-1133) devint comte de Tripoli. Il était le fils cadet de Bohémond III d'Antioche (1143-1201) qui réunit les deux principautés à la mort de son père en 1201. Bohémond V lui succéda en 1233 et vécut surtout à Tripoli, délaissant Antioche. Son fils, Bohémond VI (1252-1275) fut l'avant dernier comte de Tripoli (1252-1275) et le dernier prince d'Antioche qui fut prise par les mamelouks en 1268 .

LANGUEDOC - ÉVÊCHÉ ET CITÉ DE CAHORS
Denier anonyme, Caorcenx ou Cadurcin 806. Denier anonyme, Caorcenx ou Cadurcin, (1224-1265), c. 1240-1260, Cahors, (Bill, 16,5 mm., 6 h., 0,80 g.). ().
A/ + CIVITAS, S couchée. Dans le champ, déformation du monogramme PAX avec deux croisettes et un A surmontés d'une crosse à hampe croisetée (chrysme).
R/ + CA°TVRCIS, S couchée. Croix pattée.
Bd.782 (2f.) - PA3921 (87/15) - DM. G7 - SCMF.4662 var.. Bel exemplaire avec une patine foncée.
TTB

350FF.

450FF.


L'évêque Guillaume de Cardaillac (1208-1234) concéda en 1224 la direction de l'atelier monétaire aux Consuls. Ces monnaies étaient nommés des Caorcenx. Cette variété avec point dans la légende semble plus rare .

Cahors dépendait du comte de Toulouse. Le monnayage féodal y débute en 1090 avec un denier de Géraud II de Gourdon (1068-1112). Le monnayage anonyme pourrait commencer au début du XIème siècle. Il est remplacé à partir de 1208 par des monnaies aux noms d Cardaillac (1208-1234), Raymond de Cornil (1280-1293) et enfin Hugues Géraud (1311-1316). D'autre part Guillaume de Cardaillac concéda le bénéfice de la monnaie en 1212 et 1224, mais la Commune ne semble pas avoir eu le droit de monnayer, d'après A. Dieudonné .

LANGUEDOC - VICOMTÉ D'ALBI - RAYMOND VII DE TOULOUSE et L'ÉVÊQUE DURAND
Denier 807. Denier, (1248), c. 1248-1278, Château Neuf de Lévis (Bonafos), (Bill, 16 mm., 12 h., 0,72 g.). ().
A/ °+° R. BONAFOS, S couchée. Monogramme VGO dégénéré en forme de PAX dans le champ.
R/ °+° ALBIENSIS. Croix fuselée, cantonnée d'une crosse au 4ème canton.
Bd.775 (3f.) - PA.3900 (87,5) - M.822 -SCMF.4254. Bel exemplaire pour ce monnayage souvent mal venu. Patine foncée. Semble complètement inédit avec la petite crosse au 4ème canton.
R. TTB

450FF.

750FF.


Cet exemplaire vient de la collection Beneut.
En 1248, Raymond VII, comte de Toulouse (1222-1249), Durand, évêque d'Albi et Sicard d'Alaman, ministre de Raymond VII passent un accord selon lequel la monnaie d'Albi serait battue au Château Neuf de Bonafos (Château Neuf de Lévis, Tarn) que Raymond avait donné à Sicard en 1241. Un bail datant de 1278 entre Bernard de Castenet, évêque d'Albi, le roi de France Philippe III le Hardi (1270-1285), comme comte de Toulouse et Sicard d'Alaman donne des renseignements sur la fabrication des espèces. Blanchet, Manuel, op. cit. p.339 fixe les règles de fabrication. Notre denier avec la crosse au 4ème canton pourrait appartenir à cette seconde émission de Bonafos. Avec ce pariage, prend fin le monnayage d'Albi à la mort de Sicard en 1280 .

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SAXE - CERCLE DE MAGDEBOURG - ÉVÊCHÉ DE MAGDEBOURG - WILBRAND VON KÄFERNBURG
Bractréate (denier incus) 808. Bractréate (denier incus), (1235-1254), c. 235-1250, (Ar, 22 mm., 0,67 g.). ().
A/ WILLEM BRANDVS EPISCOP. L'évêque trônant de face, mitré, vêtu de la chasuble, tenant la crosse de la main droite et le globe crucigère de la gauche.
R/ Incus.
B.p.137. Bel exemplaire sur un flan large sans fêle.
SUP

450FF.

750FF.


Le mot bractéate vient du latin "bratea" qui signifie feuille. Ce terme est utilisé par les numismates à partir du XVIIème siècle pour désigner les deniers unifaces frappés dans le Saint-Empire Romain Germanique entre le XIème et le XIVème siècle. Ce sont de fines lamelles d'argent ou de billon, très fines et qui ne peuvent pas recevoir une double empreinte, (fragilité). Le coin de revers (dormant) était remplacé par un support souple. Par superposition des flans très minces, il était possible de frapper plusieurs pièces à la fois .

Pour Magdebourg, nous avons des monnaies royales d'Othon le Grand (936-973) à partir de 941. La frappe des bractéates semble avoir commencé sous Conrad. Othon IV de Brunswich confirma en 1209 à Albert von Käfernburg le droit de monnayer. Le monnayage semble avoir été anonyme jusqu'à la fin du XIIème siècle, puis inscrit aux noms des évêques. Wilbrand von Käfernburg appartenait à la même famille qu'Albert, précité, confirmé dans le droit de battre monnaie de l'évêché par l'empereur .

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